Ce souci de protéger le patrimoine ne signifie pas cependant que la culture française soit aujourdhui enfermée dans lexaltation de ses uvres passées. Les dernières décennies du XXe siècle sont marquées par le dynamisme renouvelé de la création.

Depuis la fin du XIXe siècle, les créateurs français ont joué un rôle décisif dans léclosion de la peinture moderne : ainsi les uvres des Impressionnistes, de Cézanne et des Fauves ont inspiré le mouvement cubiste. En témoigne aujourdhui lafflux des amateurs visitant par millions chaque année le Louvre, le Musée dOrsay, le Musée national dart moderne du Centre Georges Pompidou ou le Musée Picasso. Lévocation de ce dernier montre assez lexceptionnel pouvoir dattraction que Paris a longtemps exercé sur les artistes comme Van Gogh, Miro, Van Dongen, Modigliani, Soutine, Chagall, Brancusi, Giacometti et bien dautres, venus du monde entier poursuivre leurs travaux dans les ateliers de Montparnasse ou de Montmartre.
Au lendemain des années cinquante, à la faveur du bouillonnement des tendances et des écoles picturales qui, de labstraction géométrique au popart, révolutionne une nouvelle fois lart moderne, Paris a sans doute cédé la place à New York comme foyer des avant-gardes plastiques. Mais la création française nen est pas moins active ; les uvres de Daniel Buren, Pierre Soulages, César ou Ipoustéguy ont acquis une reconnaissance internationale. La jeune génération continue dapporter sa contribution aux grandes tendances de lart contemporain.
Lencouragement quapportent les pouvoirs publics à cette activité créatrice sexprime dabord à travers lenseignement artistique et les facilités accordées aux jeunes artistes : allocations détudes et bourses de prestige, comme celle qui ouvre laccès à lAcadémie de France à Rome, établie à la Villa Médicis ; il se manifeste aussi par différentes aides à lédition ou à la première exposition gérées par le Fonds dincitation à la création (FIACRE) du ministère de la Culture. Enfin, au cours des dernières années, le soutien de lEtat-mécène sest traduit par la relance dune pratique tombée en désuétude, la commande publique, et par une politique de grands travaux.
Certaines des commandes publiques passées aux artistes contemporains ont connu un retentissement spectaculaire : les colonnes de Daniel Buren au Palais-Royal ont été, des mois durant, lobjet de polémiques vivifiantes, rappelant lémoi quavait suscité, un siècle plus tôt, lérection de la statue de Balzac par Rodin. Pour sen tenir à Paris, on peut également mentionner les accumulations dArman sur le parvis de la gare Saint-Lazare (1985), lhommage à Picasso par César (1985), la Tour aux figures de Jean Dubuffet dans lîle Saint-Germain (1988) ou le rideau de scène du théâtre de lAthénée peint par Jean-Pierre Chambas (1989).
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